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Québec. C. SS. R.

JOHN M. KELLY LIBDADY

Donated by The Redemptorists of the Toronto Province

from the Library Collection of Holy Redeemer Collège, Windsor

University of St. Michael's Collège, Toronto

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H9LY BECHER LIBRARY^DSOR

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LE PROTESTANTISME

"fr ET

RÈGLE DE FOI.

Imprimerie Lacotjb et « '■ n

LE PROTESTAATISME

LA REGLE DE FOI

PAR LE RÉV. P. JEAN PERRONE

Recteur général du Collège Romain ;

OUVRACE TRADUIT DE L'ITALIEN, AVEC I.'AGREME.-ST DE [.'AUTEUR

Et dédié à Monseigneur de Salinis, évêque d'Amiens,

PAR M. L'ABBÉ A.-C. PELTIER;

I X l M: NOTICE HISTORIQUE SIR LA VIE ET LES OUVRAGES DE R. P. PERRONE

par m. l'abbé f.-e. chassay;

Précédé d'une Lettre de Son Eminence le cardinal Gousset, archevêque de Reims, adressée au traducteur.

PARIS

LOUIS VIVES, LIBRAIRE-ÉDITEUR

23, RUE CASSETTE . -2.'<.

1854

fr

H&LY RE&EEMER LIBRARY, WINDSOR

LETTRE

De S. E. Mgr le cardinal Gousset, Reims,

au traduc

Monsieur l'abbé.

Sur le rapport qui m'a été fait par un ecclésiastique digne de ma confiance, attestant que votre traduction française de l'excellent ouvrage intitulé : le Protestan- tisme et la règle de foi, par le R. P. Perronc, est exacte et en tout conforme au texte de l'auteur, je vous per- mets volontiers de la publier , tant dans l'intérêt de mon clergé que pour l'édification des fidèles de mon diocèse.

Recevez, monsieur l'abbé, l'assurance de mon sin- cère attachement,

Th., cardinal Gousset.

Paris, 30 janvier 1854.

A SA GRANDEUR

MONSEIGNEUR ANTOINE DE SALIN1S,

ÉVÊQUE d'AIMENS.

Monseigneur,

L n concours de circonstances des plus heureuses, en m' amenant aux pieds des précieuses reliques dont vous avez si admirablement doté votre église, m'a procuré à mon retour, et à mon passage à Paris, la connaissance d'un libraire-éditeur, qui de lui-même m'a proposé la traduction d'un récent ouvrage du l\. P. Perrone sur le protestantisme. C'est ainsi, Monseigneur, oserai-je vous dire en répétant, je crois, vos enseignements, que la divine Providence aime à se servir, pour arriver à ses fins , des moyens qui y semblent souvent les plus étrangers.

C'est à vous, Monseigneur, qu'après Dieu, et après la Sainte aussi dont il a plu à sa sagesse infinie de

vi É PITRE DÉDICATOIRE.

glorifier les restes, je dois l'initiative de ce tra- vail, si plein d'attraits pour l'esprit et pour le cœur d'un prêtre. Permettez donc, Monseigneur, que je le dédie à Votre Grandeur, soit comme un souvenir qui restera mêlé à tant d'autres de la translation du corps de sainte Theudosie, soit comme un témoignage durable de ma reconnaissance pour la bienveillante hospitalité que j'ai autrefois reçue de vous.

Daignez agréer l'hommage du très profond respect avec lequel je suis,

de Votre Grandeur,

Monseigneur,

le très humble et très obéissant serviteur, Adolphe-Charles PELÏ1ER, prêtre.

Reims, le 10 novembre 1H53.

NOTICE BIOGRAPHIQl E

SUB

LE R. P, JEAN PERROXE

Recteur du Collège Romain Pau M. l'abbé F. -Edouard CHASSA V.

Docteur en Théologie «le l'université de Fribourg-en-Brisgau, chanoine honoraire de Bayeux et professeur de Philosophie au séminaire dio- césain, membre résidant de l'Académie de la religion catholique de . de la Société littéraire de l'université catholique de Louvain, des Académies de Rordeaux. de Reims, de Dijon et de C&en, et des ités impériales académiques de la Loire-Intérieure et de Cher- bourg

« Le prince des théologiens contemporains •• il), le R. P. JeanPerronc, naquit en 1794àChiéri, ville éloi- gnée de Turin d'environ trois lieues . Placé de bonne heure au collège de cette ville, son application au travail et ses talents précoces le mirent en état de terminer ses études littéraires et philosophiques à l'âge de quinze an-, et à cette époque il fut envoyé au séminaire de la capitale pour faire son cours de théologie et d Écriture sainte dans l'université de Turin, qui ne laissa partir son élève qu'après lui avoir conféré le doctorat.

Il avait atteint sa vingt et unième année et était déjà sous-diacre lorsqu'il se rendit à Rome, il entra dans

1 Expression de M. l'abbé Pierrot, un des auteurs de l'Eu ologiqu

vin NOTICE BIOGRAPHIQUE

l;i( lompagniede Jésus, qu'un décret du pontife Buprème

venait de rétablir au grand contentement des amis de l'Église, qui avaient eu la douleur de voir succomber cet ordre sous les efforts réunis de l'impiété et de la poli- tique. Les jours il fut permis au nouvel enfant de saint Ignace de se livrer au calme de la solitude ne fu- rent pas longs. Après un an de noviciat, ses supérieurs l'envoyèrent à Orviéto, et comptant sur son intelligence supérieure, ils ne craignirent point de voir leurs espé- rances déçues en faisant monter un jeune homme de vingt-deux ans dans une chaire de théologie. Les des- seins de la Providence s'accomplissaient surleR.P. Per- rone, et le nouveau professeur venait d'entrer dans une carrière qu'il ne devait interrompre qu'à de rares inter- valles et qu'il était destiné à illustrer par les vertus de L'humble religieux et parles admirai «les ouvrages qui lui ont fait une si grande réputation. Doué d'une mé- moire extraordinaire et soigneux de recueillir tout ce qu'il rencontrait d'important dans ses lectures, quarante ans plus tard, il pouvait encore montrer aux élèves qui allaient lui demander avec respect des conseils sur leur- études les notes qu'il avait prises à l'âge de quatorze ans, et que les connaissances de ton le espèce qu'il avait ac- quises ne lui avaient pas l'ait dédaigner. Après qu'il eut professé pendant sept ans la théologie dogmatique et morale dans le collège d'Orviéto, la même obéissance qui L'avait éloigné de Rome le rappela dans la ville sainte, et là, il fut encore chargé d'enseigner la théologie aux étudiants de la Compagnie, auxquels furent adjoints Les «lu ( lollége ( Germanique.

NOTICE BIOGRAPHIQUE. ix

Au mois de septembre 1823, Léon XII 6t;iit monté sur le trône de saint Pierre, et sous son autorité inflexi-» ble les fortes et antiques institutions continuaient à sor- tir de leurs ruines ou de leur état d'inaction. Le Collège Romain fut rendu à la Compagnie de Jésus par ordre exprès du pontife, et le R. P. Perrone, déjà revêtu du sacerdoce, reçut ordre de monter dans la chaire qu'a- vaient occupée avec tant d'éclat Bellarmin, Suarez et Yasquez. En 1830, il fut envoyé àFerrare pour gouver- ner le collège de cette ville, en qualité de recteur, et durant cet espace de temps, qui ne fut que de trois an>, le clergé de cette ville s'estima heureux d'assister aux conférences morales que le R. P. Perrone avait été chargé faire. Rappelé de nouveau à Rome en 1833, il reprit l'enseignement de la théologie dans cette chaire du Collège Romain qu'il ne devaitplus quitter que lors- que l'intolérance des démagogues l'exilerait loin de >a patrie, ou que l'obéissance l'obligerait de se consa- crer au gouvernement de quelque maison de la Compa- gnie.

En 1848, quand les efforts des révolutionnaires et des sociétés secrètes menacèrent de précipiter l'Europe dans l'abîme de la barbarie, l'illustre professeur suivit les destinées de son ordre persécuté : il quitta le Collège Romain et accompagna ses frères sur la terre étrangère. 11 se retira en Angleterre pour laisser passer l'orage, et pendant les deux ans qu'il fut éloigné de l'Italie, plu- sieurs étudiants, qui ne connaissaient d'abord que de ré- putation le célèbre professeur, se trouvèrent heureux de pouvoir profiter de ses vastes connaissances, en suivant

x NOTICE HKK.RAI'MIUl E.

Les leçons de théologie que le R. P. Pcrrone continua de donner pour ne pas rendre infructueux les jours de son exil.

De retour à Rome, en 1850, il se vit de nouveau en- touré de nombreux élèves venus de tous les pays catho- liques , qui ont écouté ses doctes enseignements jus- qu'à la fin de 1853, époque à laquelle des ordres supé- rieurs l'ont appelé au gouvernement de tout le Collège Romain avec le titre de recteur.

Dans cette carrière de trente-sept ans consacrée glorieusement au professorat, le R. P. Perrone, dont l'immense activité suffit à tout, sut, malgré des travaux absorbants, trouver le temps de remplir avec succès les emplois les plus importants et les plus difficiles. En effet, il fut longtemps examinateur des jeunes jésuites et des autres étudiants externes qui fréquentaient le Collège Romain, consulteur de maison ou de province et il dirigea avec succès la congrégation de la Sainte- Vierge, connue sous le nom de Prima Primaria, con- grégation qui fut la mère et le modèle de toutes celles qui furent établies en l'honneur de la Vierge imma- culée dans tout l'univers catholique.

Les souverains pontifes lui montrèrent la même con- fiance que la Compagnie de Jésus, etle nommèrent con- sulteur de diverses congrégations. C'est ainsi qu'il su - > parmi les membres de la congrégation des Evêques ei Réguliers, qu'il Ht partie des congrégations chargées de l'examen des conciles provinciaux «t de la révision livres det - orientales. Il fut en même temps

ooBsnlteur des congrégations de la Propagande, des

NOTICE BIOGRAPHIQUE. xi

Rites , des Affaires ecclésiastiques extraordinaires , membre de la commission générale et spéciale créée pour s'occuper de l'immaculée conception , examina- teur des évoques, examinateur apostolique du clergé romain.

Trois cardinaux, évoques suDurbicaires.NN.SS.d'Al- bano, de Sabine et de Porto, le nommèrent examina- teur synodal de leurs diocèses ; plusieurs académies littéraires et scientifiques se font gloire de le compter au nombre de leurs membres, et l'Académie de la reli- gion catholique lui a donné une place parmi ses douze censeurs.

Les souverains pontifes, et particulièrement Gré- goire XVI et Pie IX, lui ont témoigné en toute occasion la plus grande bienveillance, et l'ont employé dans les affaires de la religion les plus épineuses et les plus im- portantes. Plusieurs cardinaux professent pour lui une affection particulière et le consultent comme leur théo- logien. Tout le clergé romain a pour lui la même véné- ration affectueuse. Il est en relations scientiliques et lit- téraires avec les savants les plus distingues de l'Europe. Une multitude de personnes s'adressent à lui par lettres et de vive voix dans les questions religieuses et théolo- giques. Il compte parmi ses élèves plusieurs évoques et prélats et un grand nombre de professeurs.

A cette courte notice, que les convenances dues à la modestie d'un religieux encore vivant ne nous permet- tent pas d'étendre davantage, nous joindrons le cata- logue des savants ouvrages publiés jusqu'ici par le R. P. Perrone.

mi NOTICE BIOGRAPHIQUE

OUVRAGES PUBLIÉS PAB LE R. P. PERRON E.

I. Prœlectiones theologicœ, neuf volumes in-8, Romse, L835 et seq.

Cet ouvrage célèbre, qui a été réimprimé plusieurs fois en Europe, a eu déjà vingt-cinq éditions. Plusieurs parties ont été éditées séparément. C'est ainsi que des portions considérables de ce livre font partie du Cursus completus de M. l'abbé Migne.

Le traité sur le Mariage a été réimprimé à Lyon, en 1846, chez Pélagaud.

Le traité De la vraie Religion a été traduit en français par l'abbé de Genoude, Pari>, L842.

Le Traité des Mariages mixtes a été traduit eu alle- mand par le professeur Dilliiiîjer.

Le traité du Célibat ecclésiastique a été traduit en al- lemand, Ausrsbours, 1845.

Le traité de l'Eucharistie a été traduit en allemand, 1846.

Le traité sur le Sacré Cœur de Jésu* a été traduit en allemand.

II. Prœlectiones Theologicœ in compendiumredactœ, quatre volumes in-8, Roma?, 1845.

Cet abrégé a eu jusqu'ici quinze éditions, sans comp- ter celles qui sont en préparation.

III. Synopsis historiés Theologiœ cum philosophiez compa- ra tu -. 1 vol. In-8, Romse, L845

Ce pré< a été imprimé éparé du i ours de théologie.

NOTICE BIOGRAPHIQUE. xin

IV. De immuculato B. Y. Mariœ conceptu, an doymatico decrelo de finiri posait, ^ vol. in-8. Rompe, 1817.

Cet ouvrage a eu d'abord plusieurs éditions en di- - parties de l'Europe, et a été traduit ensuite en français, en allemand et en hollandais.

V. Le Protestantisme et la Règle de foi, trois vol. in-8 . Homo, 1858.

Ce beau livre, qui vient do paraître, a déjà eu trois éditions en Italio.

OPUSCULES ET DISSERTATIONS 1>V MÊME AUTEUR.

1. Analyse et considérations sur la symbolique de Mœkler, Rome, 1836.

•2° h'Hermésianisme, art. i, historique, Rome, 1838.

Les dissertations but l'hermésianisme furent traduites en latin en Allemagne. Traduites aussi en français et réimprimées jusqu'à quatre fois de suite, elles furent insérées enfin dans le quatorzième volume de la grande collection des Démonstrations évangéliqnet do M. l'abbé Aligne, 1843.

3" Analyse et réflexions sur l'histoire d'Innocent III. par Frédéric Ilurter, Rome, 1840.

L' Hermésianisme, art. ir. scientifique. Rome. 1839

Instruction sur l'Incarnation pour le peuple de VÂbys sinie.

Cette instruction a été traduite en arménien

mv \niicK BIOGRAPHIQUE

Réflexions wur la méthode introduite dans la théologie catholique far Georges Hermès, Rome, 18 13.

Dissertation sur le titre d'Eau&B catholique que s at- tribuent les communions séparées de l'Eglise romaine, Rome, 1843

Cette dissertation, qui eut trois éditions en Italie, fut d'abord traduite en allemand, puis en français, et insé- rée enfin dans la collection des Démonstrations évangé- liques de M. Migne. Dissertation analytique sur l'opuscule du cardinal Lam-

bruschini sur l immaculée conception de Marie, Rome,

1843.

Ce travail, également traduit en français et inséré dans les Démonstrations évangéliques, a pénétré jusque dans l'Amérique méridionale, on l'a traduit en espa- gnol.

9" Examen de la Pastorale émanée du synode des églises épiscopales dans les Etats-Unis d'Amérique en 1844, Rome, 1845.

Cet examen, qui avait eu d'abord deux éditions en Italie, fut ensuite traduit en anglais aux États-Unis,

a Philadelphie.

I" ibrigé analytique de l'ouvrage intitule : La lecture de la sainte Bible en langue vulgaire, par Mur Malou I . 1847.

11° Sur les leçons de morale de Mgr Pierre Scarini , Rome, 1*1 l

(1) Evoque de Bruges, prélat d'une grande érodii

NOTICE BIOGRAPHIQUE. xv

12" Dissertation sur le titre d'hérétiques et de schismati- ques q\tc l'Eglise romaine donne aux communions rées d'elle, Rome, 1845; Naples et Bologne, 1851

13° Le Prolestant et la Bible, Bologne, 1852.

14° Discours académiques sur l'immaculée conception Rome.

Les éditions des ouvrages théologiques et des opus- cules publiés jusqu'à ce jour par le R. P. Perrone s'é- lèvent à plus de soixante, sans y comprendre les ouvra- ges reproduits séparément et les traductions diverses qui ont obtenu plusieurs éditions en latin, en français, en allemand, en anglais et en arménien.

L'abbé F. -Edouard Chassât, Docteur eu Théologie.

vUlers-Saint-Barthélemy, t février 1854.

A notre cher (Us Adolphe-Charles Peltier , prêtre à Reims,

Pie IX, Pape.

Cher Fils, salut et bénédiction apostolique.

Votre lettre en date du V des calendes de mars nous a l'ait connaître, cher Fils, que vous vous occupiez avec ar- deur de traduire en votre langue l'ouvrage italien intitulé // Protestanlismo e la regola di fede, composé par cet homme recommandablc qui de nos jours a écrit tant de choses utiles à la religion et à l'Eglise. Nous vous félicitons sincèrement, cher Fils, de ce que le mérite de l'ouvrage même, joint au jugement si plein d'autorité qu'en a porté l'archevêque de Reims, du clergé duquel vous faites partie, vous a fait en- treprendre ce travail, qui ne pourra que contribuer à l'avan- tage de la vérité et de la religion. Recevez donc, cher Fils, la bénédiction apostolique que nous vous accordons avec effusion de cœur, comme gage de notre affection paternelle, en appelant sur vous toutes les faveurs du ciel.

Donné a Rome en l'église Saint-Pierre, le 29 avril is:. « . huitième année de notre pontificat.

PIE IX, Pape

LE

PROTESTANTISME

LA REGLE DE

DISCOURS PRELIMINAIRE DE I/Al TEIR.

Origine des schismes et des hérésies scion saint Cyprien. Importance de cette doctrine. Aujourd'hui point de milieu entre Rome et la mort pour les s. Paveur que Dieu

a laite à l'Italie de placer on clic le centre de la vraie reli- gion. — Tentatives pour introduire le protestantisme en Italie dés la fin du XVIe siècle, frustrées de leur effet, et par quels moyens Nouvelles tentatives et dangers qui en résultent pour l'Italie au siècle actuel. Mal toujours croissant : com- ment il a éclaté, comment il a été réparé. Réflexions sur ces tentatives. Vaines promesses de liberté politique faites dans le même but. Combien ces promesses sont illusoires.

Combien le protestantisme a été fatal à la liberté politique.

C'est lui qui l'a étouffée. Et il n'en pouvait être autre- ment. — Sophisme de l'induction qu'on prétend tirer de l'état prospère et de la puissance de l'Angleterre. C'est à la reli-

uvernement en est redevable. Quant à la Réftvrme, il ne lui est redevable que de sou pau-

T 1. 1

2

, -risme e1 de sa dégradation religieuse et morale. —On ne doit pas confondre la grandeur politique avec le bien-être

social. Les peuples ne doivent que leur bonheur à la reli- gion catholique. Mal qui résulte pour l'Italie des menées des apostats et des anglicans. Motifs d'espérer que l'Italie échappera à ce péril imminent et à tous les pièges des enne- mis de sa foi. Avantages de l'Italie, absolus et relatifs. Ce qu'elle doit faire pour les conserver et les accroître. Occasion de cet ouvrage. Son dessein— Sa division. A qui il s'adresse. Auteurs dont on a fait principalement usage.

Le grand évêquede Carthage, illustre par ses écrits autant que par son martyre, saint Cyprien, déplorant, dès les premières pages de son admirable livre De Il ni de l'Église, les schismes et les erreurs qui désolaient de son temps le christianisme, et démas- quant les artifices au moyen desquels nombre de chrétiens, sous le prétexte séduisant de servir mieux le Christ et son Évangile, avaient été entraînés hors du sein de l'unité catholique, laissait échapper ers paroles : « Tout cela n'arrive que parce qu'on ne veut pas remonter à la source de la vérité, qu'on ne la cherche pas seulement elle peut se trouver, qu'on ne s'en tient pas comme on le devrait à l'en- seignement du divin Maître. Il suffirait de ce seul point, bien examiné, .-ans tant de longs discours et de s'il >i ils arguments. La voie qui conduit à la vérité chrétienne est courte et facile. Voici quelle est cette voie. Le Seigneur a dit à Pierre : Et moi je te dis que lu es pierre, et que c'est sur cette pierre que je

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bâtirai mon Église, et les portos de l'enfer ne prévau- dront jamais contro elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux. Et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel , et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel. Et de même, après sa résurrection, il dit au môme apôtre : Pais mes brebis. C'est sur lui seul qu'il bâtit son Église ; c'est à lui qu'il confie le soin de paître son troupeau » (1). Cette grande maxime qui renferme en elle-même l'inébranlable fondement et toute l'économie du mer- veilleux édifice de la vraie Église, cette maxime qui en donne la clef, qui fournit le moyen infaillible de reconnaître ses véritables enfants ; cette maxime qui fut en tout temps l'ancre de salut, je ne dis pas seule- ment pour les particuliers, mais pour les nations chré- tiriinos tout entières qui, en dépit des plus furieuses tempêtes* ont conservé pur et intact l'antique héri- tage de la vraie foi : il convient plus que jamais de la proclamer aujourd'hui , de la prêcher et de la persuader à notre siècle, à ce xixc siècle qui a déjà accompli plus de la moitié de sa carrière. Au milieu des principes dissolvants du protestantisme, des progrès du rationalisme et de l'indiiTérentisme religieux, de l'invasion générale d'un radicalisme et d'un communisme subversifs de tout ordre, de toute loi, de toute justice, de toute moralité ; en butte à d^

l De l'iùt. Eccles., p. 194, édJi Maur.

funeste esprit d'indépendance el d'une liberté effré- née; au milieu, dis-je, de tous ces maux intestins, de symptômes effrayants, de ces signes visibles de

dissolution et de mort, il n'y a pas pour les sociétés chrétiennes d'autre remède vrai et durable que de revenir avec sincérité, que de s'attacher avec plus de fidélité et d'amour au centre de l'unité et de la vérité catholique.

Machiavel le disait aussi, que pour sauver une so- ciété en décadence et menacée de sa dissolution, il fallait la rappeler à ses principes. Or, ce que procla- mait le philosophe de Florence comme apophthegme de la raison humaine, nous pouvons bien le donner avec saint Cyprien comme corollaire évident de la parole divine , de cette parole dont il n'y a pas une syllabe qui ne doive avoir son accomplissement. Oui, il faut remonter à la source de la vérité et de l'unité catholique ; oui, il faut revenir au fondement sur le- quel le divin auteur du christianisme a ê\e\ é son ma- gnifique ouvrage, en lui assignant pour durée toute la suite des siècles. Et ce fondement quel est-il, sinon Pierre et le légitime successeur de Pierre, héritier, par une succession non interrompue à travers tant de siècles, de son siège, de sa primauté, de son autorité sur toul le troupeau de Jésus-Christ, sur la société chrétienne tout entière?

Un illustre écrivain catholique qui, connaissant à fond l'étal moral, religieux *'t politique de notre

siècle, s'esl appliqué à y porter remède par ses écrits aussi agréables et aussi légers par la forme que forts et solides par le fond, écrivait naguère, avec beaucoup de vérité, que «Le bras de Dieu est visiblement levé sur le monde pour bénir ou pour frapper : c'est à nous de choisir. Après avoir cherché des signes dans le ciel , nous avons interrogé la terre : nous avons pé- nétré jusqu'au fond des entrailles delà société, et sans efforts , tant le marasme général les a rendues trans- parentes ! A travers bien des symptômes de mort, nous avons trouvé un puissant germe de vie qui ne demande, pour se développer, qu'un régime chrétien. En jetant un regard sur l'avenir, nous y avons lu ces mots : Rome ou la mort » (1) !

Oui, dirons-nous à notre tour : Rome ou la mort pour la société en général , s'il est vrai que l'esprit d'indifférence religieuse, d'impiété déclarée, d'immo- ralité sans frein, d'anarchie sociale, soit la mort poul- ies nations. Rome, et non pas la Rome païenne, cette Rome des Scipions, des Camille, des Césars ou des Brutus, mais Rome chrétienne, Rome est le siège de Pierre, Rome capitale de la chrétienté, centre de l'unité catholique, mère et maîtresse de toutes les Églises. Cette Rome qui, avec les avantages de la

1 Martinet, Solution de grands problèmes mise a la por- tée de tous les esprits, troisième probl. La société peut- elle Si sauver sans redevenir catholique, tom. m, prêt., p. 2< tit. i

\ raie foi, de la pureté de la morale et de la sainteté du culte, a procuré, de siècle en siècle, aux peuples les plus incultes et les plus sauvages, les bienfaits de la civilisation, la douceur et l'urbanité des mœurs, la justice et l'équité des lois, l'ordre et la modération dans le régime public , la concorde et les bons rap- ports dans les corporations et les familles, la déférence à l'autorité , le respect des droits de tous, la culture des beaux-arts, des sciences, comme de toute connais- sance utile. Cette Rome, enfin, qui s'identifie avec le catholicisme, source unique et féconde de tous ces biens, et dont elle est le centre, l'âme et la vie, puis- qu'elle est le siège de Pierre, et que est Pierre, est, comme le disait saint Ambroise, l'Eglise de Jésus-Christ. Tant il est vrai que le catholicisme seul, ouvrage de Dieu, et investi de sa force merveil- leuse, de cet esprit divin qui l'anime et le remplit, le conduit et le gouverne, peut ranimer la vie elle est prés de s'éteindre, et, rassemblant jusqu'à des membres dispersés, des ossements arides, y faire pé- nétrer le souflle de L'esprit vivifiant....

Ces graves considéra lions méritent bien toute notre attention et en particulier celle de l'Italie, envers la- quelle ki honte divine, outre tant d'avantages natu- rels diini elle l";i privilégiée, a été si libérale d'autres biens d' autan 1 plus prècîéux, qu'ils appartiennent à l'ordre religieux el surnaturel) en > établissant, dès l'origine du christianisme, H en > maintenant toujours

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intacte la véritable foi catholique, en l'enrichissant, abondamment des monuments les plus insignes de notre croyance , mais surtout en y plaçant , par un singulier privilège, cette chaire de vérité, ce centre de la communion catholique, cette pierre fondamentale de l'édifice chrétien, ce siège du prince des apôtresi C'est pour l' Italie que j'écris principalement ces lignes, comme pour le pays auquel me lient tant de titres tout particuliers de patrie et de langage, de relations sociales, de gratitude, de piété et de religion.

C'est à elle que je consacre ce modeste travail, en- trepris pour garantir et protéger son bien suprême. qui est la pureté et la sainteté de sa foi , et dont son bien-être, même matériel, est du reste inséparable. Pour faire connaître à mes lecteurs l'occasion et le but de cet ouvrage, je vais retracer rapidement les tenta- tives faites par le protestantisme, dès les premiers temps, contre notre belle patrie, pour dire ensuite quelques mots des pénibles épreuves qu'elle a na- guère subies, des affreux malheurs dont sa religion a été menacée et même en partie atteinte, et des dan- gers qui lui restent encore (1).

Dès le xvi" siècle, la Réforme protestante eoin- mença dans le cœur de l'Allemagne à rompre la belle

(1} Le lecteur français pourra passer cette digression sur l'Ita- lie, pour arriver tout de suite à la division de l'ouvrage indiquée à la lin de ce discours préliminaire, p. 47 et suiv..

<\ote du traducteur.

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unité de l'Église chrétienne, el à corrompre la foi, la convoitise satanique des .soi-disant réformateur* se fixa avidement sur les belles contrées de F Italie : ils voyaient quels seraient leur avantage et leur triom- phe, s'ils pouvaient parvenir à planter et à enraciner leur prétendue réforme dans cette Italie toujours si dévouée à Rome et aux pontifes, par cela même qu'elle a été toujours éminemment dévouée à la foi catholique. Ils n'épargnèrent ni adresse, ni crédit . ni moyens séducteurs, pour insinuer et répandre leur poison dans l'Italie, et ce ne fut pas toujours sans voir leurs efforts couronnés de succès. Ce n'est pas qu'il faille ajouter foi au livre du protestant écossais John Mac Crie, intitulé Mémoires sur la for tue en Italie, et traduit à Paris, il y a quelques années, par un de ces transfuges italiens qui aspiraient à rendre à l'Italie son indépendance, en lui faisant subir le plus grand de tous les maux, qui était de la faire protes- tante : livre rempli d'artificieux mensonges, de faits dénaturés et d'exagérations démesurées, comme l'est, par exemple, la prétention de l'aire passer pour infectés des doctrines réformatrices de l'Allemagne les plus illustres personnages d'Italie de cette épo- que, sans épargner le.- noms >i purs des Sadplet ei des Contarini. Mais il n'est que trop vrai que plu- sieurs beaux-esprits du temps se laissèrent atteindre par la contagion, et que quelques-uns même y BUC- combèrent, au point de renoncer à la loi catholique

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pour se faire partisans et propagateurs de la préten- due réforme. Le eulte superstitieux que beaucoup d'hommes de ce siècle rendaient à L'antiquité païenne, non-seulement en ce qui intéresse l'art, l'éloquence et la poésie , mais encore en ce qu'elle respirait de profane et de licencieux; le désir naturel d'une pensée libre et indépendante, l'amour de la nou- veauté en fait de doctrines, l'antipathie et l'aversion profonde que bien des cœurs nourrissaient en secret contre les papes, enfin l'envie pour chacun de vivre af- franchi de toute loi et au gré de ses propres penchants, furent autant de motifs et d'appâts qui causèrent en Italie ces défections. Et les noms de familles italien- nes qu'on rencontre encore aujourd'hui en Allemagne et en Suisse sont, en partie du moins, l'effet comme la preuve de ces coupables apostasies. Il faut dire aussi que deux villes et deux cours italiennes, distin- guées entre les autres par leur splendeur et par l'éclat des lettres, des arts et du luxe, Ferrare et Venise, secondèrent les vues des nouveaux réforma- teurs, en les accueillant dans leur sein, et en favori- sant l'introduction et la propagation de leurs insidieux écrits. L'une de ces villes, c'est-à-dire Ferrare, était alors gouvernée, pour le malheur de l'Italie, par une princesse imbue des doctrines de Calvin, et qui donna accueil dans son palais à cet hérésiarque lui- même, venu en personne dans cette belle contrée pour y propager ses erreurs. L'autre, c'est-à-dire

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Venise, déjà" irop mal disposée pour Rome et pour l'autorité des pontifes, et animée du désir d'exercer sa domination , non-seulement sur les mers et dans les questions politiques, mais encore sur l'Église, si ti- son régime et ses pasteurs , profitait de cette occa- sion pour abaisser l'autorité pontificale, et préludait à cette rupture qui ne tarda pas à éclater sous l'in- fluence maligne et les perfides instigations du moine soi-disant catholique Paolo Sarpi.

Mais cependant, la divine Providence veillait avec affection au salut de l'Italie, et la couvrait amoureu- sement de ses ailes. Les populations italiennes , en général , continuaient d'être exemptes de ce fléau , et hors des atteintes de cette funeste contagion. Trop vives étaient dans tous les esprits la lumière de la vérité et la foi à la divinité de cette religion qui avait tra- versé quinze siècles sur le sol de l'Italie. Trop ardente était dans tous les cœurs la piété qu'inspiraient la sain- teté, la majesté, la beauté du culte catholique. Trop enracinée était la foi, comme le respect et la recon- naissance envers le successeur de Saint Pierre, le vicaire de Jésus-Christ, le pontife de Rome. Le bon sens italien lui-même se refusait à admettre les prin- cipe illogiques du protestantisme, ses contradiction^ palpables, ses divisions el ses variations continuelles, et les fruits qu'il produisait depuis son origine, en suscitant entre d^s peuples frères des haines l'urieu- ses ei des guerres sanglantes dont r Mlemagne, bon-

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leversée par la fureur des sacramentaires contre les nnn-sacramentaires, des réformés contre les luthé- riens, des luthériens contre les anabaptistes, offrait le triste spectacle. Et comment l'amour du beau, qui est inné au cœur des Italiens , leur goût délicat et pas- sionné pour les arts, leur conception si juste, leur sensibilité si exquise, auraient-ils pu. s'accommoder du culte repoussant et glacé de la Réforme qui. après avoir dépouillé l'esprit et le cœur du chrétien des dogmes les plus salutaires et les plus consolants, dépouillait avec la même barbarie et un égal sacri- lège le temple de Dieu de tout ornement, de toute sainteté et de toute beauté? Non, l'Italie n'était pas un terroir le protestantisme du Nord pût prendre ses accroissements; il y avait, comme il y a encore aujourd'hui, un antagonisme intime, inné, essentiel entre les deux , outre qu'il existait d'autres causes qui, grâce à la bénigne disposition de la Providence, conspiraient à la défense et à la sûreté de l'Italie. Les pasteurs des âmes, les sentinelles d'Israël , les ëvê- ques, secondés par le reste du clergé, s'employèrent pour leur troupeau en péril avec toute la vigilance ci la sollicitude qu'on pouvait espérer de leur zèle. Les princes italiens, jaloux de l'orthodoxie de leur foi , prêtèrent à sa défense l'appui de leur autorité. Mais par-dessus tous les pontifes romains, pasteurs et gar- dions de tout le troupeau fidèle, en même temps qu'ils réprimaient par leurs anathèmes les progrès de

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l'hérésie du Nord, avaient l'œil ouvert sur 1rs iiitri- gues et les menées des réformateurs, et ne négli- geaient rien pour arracher les mauvaises herbes du sol de l'Italie, en opposant partout des remèdes op- portuns au mal qui cherchait à s'étendre. Une source de biens pour l'Italie, ce fut en particulier de voir s'élever au milieu d'elle vers ce même temps, par un admirable effet de la divine sagesse, tant d'instituts de fervents religieux, les Barnabites, les Théatins. les Somasques, les Pères de l'Oratoire, et Ignace avec sa compagnie, au sujet de laquelle , sans prétendre diminuer le mérite des autres, il est bien permis de rappeler l'oracle sorti du Vatican , que cette société avait été suscitée tout exprès de Dieu, dans L'intérêt le plus urgent de son Église , pour faire face à la nouvelle hérésie et la combattre en tout. *dais le plus fort et le plus invincible de tous les remparts pour l'Italie, ce fut le saint concile de Trente qui, conduit et dirigé par l'esprit de toute vérité, non- seulemenl garantit et mit en lumière par ses canons dogmatiques l'édifice surhumain de la doctrine ca- tholique, mais encore opéra par ses décrets discipli- naires l'unique réforme dont l'Église pouvait être susceptible, en supprimant une foule d'abus, ei restaurant la discipline ecclésiastique, en pourvoyant à l'éducation cléricale, en excitant le zèle dos pasteurs des âmes, en procurant au peuple chrétien les p puissants moyens d'instruction. Ce fut surtout dans PI

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talie que ces décrets de Trente eurent leur pleine exé cution, grâce à sollicitude des pontifes romains,

ainsi qu'à la bonne volonté et à l'activité de ses évê- ques, entre lesquels brille du plus bel éclat le nom de ce grand saint qui fut Charles Borromée. De ce haut degré d'instruction comme de régularité dans le clergé italien , ce renouvellement de dévotion et de piété parmi le peuple, cet éclat tout nouveau donné au culte divin, et je dirai aussi cette prospérité de la société civile en Italie, cette longue et profonde paix. ce mouvement nouveau imprimé au commerce et à l'industrie, 'cette culture pacifique des sciences et des arts durant près de deux siècles et demi; tandis que l'Allemagne toute en feu, grâce à sa réforme, était ravagée par une guerre d'extermination ; tandis que la France essuyai! de la part des huguenots rebelles de si longs et si affreux désastres, et que les Flandres e( la Hollande, agitées par le protestantisme, étaient de- venues comme un champ ensanglanté de guerres et de fureurs civiles.

Ainsi donc, l'Italie jouissait du bonheur d'avoir échappé aux serres du vautour de la Réforme. Sur la lin du xvin' siècle, la Révolution française déborda avec son impiété sacrilège sur notre beau pays. comme sur presque tout le reste de l'Europe, et ; causa de funestes ravages. Mais si elle y fit des incré- dules, elle n'y lit pas de protestants. C'est aux aimées qui \iennent de s'écouler* qu'étaient réservés

n cee efforts nouveaux et désespérés du protestantisme pour répandre avec plus de succès son haleine em<- pestée dans les contrées italiennes. Dèslafin delSû'.'. Grégoire XVI, pape d'une sagesse et d'un zèle re- marquables, mettait à découvert et condamnait du haut de la chaire apostolique la société biblique qui s'était établie à New-York, sous le nom de Confédé- ration chrétienne , dans le but formel de répandre par toute l'Italie et à Rome même des bibles protes- tantes et d'autres livres propres à créer dans les populations italiennes l'esprit, comme ils disaient, de liberté religieuse, d'où devrait suivre comme une conséquence naturelle la liberté même politique de l'Italie. Une petite troupe de moines et de prêtres apostats italiens, réfugiés à Malte vers ce même temps boue la protection de l' anglicanisme, common- oèreni leurs futiles et impies publications dans la feuille périodique l'Indicateur Maltais, dans le même but d'évangéliser ou de protestant Lse9 ta peuples italiens.

Mais bientôt survinrent, des conjonctures el des dispositions des esprits dont tes ennemis deTÉglise et du peuple ne surent que trop bien profiter à leur propr* avantage. \ ne manie indéfinissable de liberté vague, inquiète, don! la plupart ne connaissaient ni L'objet ni la portée, envahit pour ainsi dire totrt d'un coup les esprits de la multitude. Soufl le nom en quoique sorte magique de progrès, on ne faisait

15 qu'aspirer à la nouveauté en toutes choses, et par même au renversement de toutes les institutions an- ciennes ; tout genou fléchissait devant l'idole invo- quée de l'unité et de l'autonomie italiennes. Et ce fut alors que des hommes impies et pervers, liés déjà entre eux par de secrets liens d'une conspiration ju- rée contre l'autel et le trône, jetèrent sur l'Italie un regard plein d'un rire amer et moqueur. Ils virenl lettre longs efforts et leurs ténébreux desseins tou- chant à leur triomphe ; ils virent entre leurs mains ce à quoi ils aspiraient depuis longtemps, leur élé- vation et leur domination personnelle, sous la spé- cieuse apparence de l'agrandissement et de l'indé- pendance de l'Italie ; mais ils virent en même temps qu'ils espéreraient en vain le complet accomplissement de leurs projeta, tant que la foi catholique continue- rait a régner dans les esprits. Prêcher omertement le socialisme et le communisme, ou l'abolition complète de tout dogme positif et de toutes les institutions du christianisme, aurait passé pour trop violent et ren- contré dans tout le peuple une résistance insurmon- table. Une autre voie se présentait à eux plus perfide et plus séduisante, vu les dispositions répandues gé- néralement dans les esprits. Mettant donc à profil ces dispositions, et appelant à leur aide les feuilles périodi- ques, lesécritsde toute forme, lesharanguespubliques. les insinuations secrètes, ils soulevèrent partout et enflammèrent les passions les plus ardentes pour la

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grandeur et l'indépendance do l'Italie, on donnant à entendre! en même temps aux esprits crédules et su- perficiels que le seul moyen d'affranchir le pays du joug étranger et de lui rendre la prééminence sur les nations, c'était de la soustraire au despotisme cléri- cal, au servage de la superstition ; qu'il importait à la dignité et à la liberté de l'Italie de professer une religion plus spirituelle, plus pure, dégagée de tous ces liens qui avaient jusque-là enchaîné et com- primé les nobles élans de la nation; qu'on n'avait qu'à jeter les yeux sur la prospérité et la grandeur sans égale de l'Angleterre, qu'elle ne devait, disaient- ils, qu'à son schisme et à son émancipation de l'au- torité papale.

C'est ainsi qu'on parlait et qu'on écrivait. Et déjà la voie n'avait été que trop aplanie par un ardent et habile écrivain, qui, avec la séduction d'une parole toujours vive et brûlante, soutenue de tous les arti- fices de la sophistique, avait, dans plusieurs longs ou- vrages répandus par toute l'Italie, peint avec les cou- leurs du paganisme la nouvelle ère toute prochaine d'un bonheur transcendant pour l'Italie régénérée, inculquant sans relâche la nécessité de moderniser et de rajeunir le culte catholique, et, à propos de jésui- tisme, semant à pleines mains l'aversion et le mépris sur les instituts religieux et sur le clergé catholique, qui ne se prêtaient pas aux nouvelles théorie-, enfui sur lès plus salutaires pratiqnesde dévotion et sur tout

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l'ascétisme chrétien. Cependant ie parti du progrès, ou pour mieux dire de la démagogie, s'étendait de plus en plus, et devenait tous les jours plus puissant et plus audacieux dans presque toute l'Italie, et jusque dans le siège central de la chrétienté. On répandait à foi- son parmi le peuple de petits traités au décri du ca- tholicisme et à la louange du protestantisme. Le pape élevait la voix pour éclairer les peuples sur les pièges tendus à l'orthodoxie de leur foi ; quelques évoques, en particulier de la Toscane, firent aussi entendre la leur pour la défense et la sûreté de leurs trou- peaux; mais la voix du zèle pastoral et de la vérité catholique était étouffée par les clameurs de la déma- gogie qui ne cessaient de se faire entendre, et par un déluge de méchants écrits qui pénétraient en tous lieux.

Cet état de choses empirant tous les jours, le pape, dont la liberté même avait été menacée jusque dans son propre palais, fut forcé d'abandonner son siège, et tout resta au pouvoir de la faction domi- nante. On voyait affluer en Italie et à Rome même dos prédicants étrangers, dépêchés par les sectes protestantes, surtout d'Angleterre; des apostats ita- liens se joignaient à eux, faisant parade de leur hon- teuse apostasie, et exerçant à découvert leur trafic de prosélytisme protestant. Par leurs efforts réunis s'imprimait à Rome, par milliers d'exemplaires, une édition calviniste de la Bible falsifiée, traduite en ita-

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lini par Diodati, pour être répandue de tous côtés. Déjà on projetait et on parlait même ouvertement de consacrer au nouveau culte, au milieu de Rome, le magnifique temple du Panthéon, devenu depuis bien des siècles l'église dédiée à la sainte Vierge et à tous les saints. On voyait en même temps se produire toutes ces scènes de fureur et de rage anticatholiques qui préludent d'ordinaire à l'abjuration solennelle de notre religion sainte. On chassait de leurs paisibles cloîtres les religieuses et les religieux ; on dépouillait les églises de leurs vases sacrés, et des bronzes même destinés à appeler le peuple chrétien à la maison de Dieu et à la prière ; on insultait les prêtres et on les vouait à tous les mépris, on leur faisait naî- tre des frayeurs pour les forcer à abandonner leur ministère, à se cacher et à fuir aux pays étrangers ; enfin on entassa les chaires et les confessionnaux sur les places publiques, pour en faire un immense feu de joie à la honte des prêtres et des moines. Le sang